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Les facteurs de succès de la télévision éducative… et de Kizz TV 2 juillet 2010

Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , 1 commentaire

Le « Center of Children & Technology » a cherché à savoir quels étaient les facteurs de succès de la télévision éducative. Est-ce que l’apprentissage par la télévision dépend de qui regarde le programme éducatif, et de comment le spectateur le regarde ? Quels sont les éléments déterminants dans la façon dont le programme a été conçu ?

L’audience

Les recherches disponibles, surtout menées sur des adultes, suggèrent que les caractéristiques du public comme l’âge, le niveau d’alphabétisation et d’éducation, la motivation peuvent avoir un rôle important sur la façon dont les téléspectateurs vont recevoir et absorber les informations présentées à la télévision. Mais il reste à apprendre en la matière, notamment en ce qui concerne les effets du milieu social et culturel dont le téléspectateur est issu.

Le processus de visionnage

La recherche suggère que les processus de visionnage actifs, impliquant un effort du téléspectateur, donnent de meilleurs résultats éducatifs que les processus passifs.L’effort mental mis en jeu semble être lié aux idées a priori des téléspectateurs sur le medium : ainsi en général, les téléspectateurs américains perçoivent la télévision comme plus facile à appréhender que l’écrit imprimé, et consentent moins d’efforts pour traiter les informations présentées par ce moyen que dans un document imprimé. Les spectateurs ont aussi des attentes précises sur ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas apprendre de la télévision.

Niveau d’interactivité

La question de savoir comment les différents niveaux d’interactivité offerts par la technologie (par exemple, couper le son, avancer ou revenir en arrière rapidement, mettre en pause, changer de chaîne… ) affectent les résultats d’apprentissage n’a pas été systématiquement examinée. Mais il est communément admis que le contrôle offert à l’utilisateur par la vidéo, le CD-ROM, le DVD ou maintenant l’Internet permet aux téléspectateurs de développer une meilleure compréhension de l’information présentée en lui permettant de réfléchir et d’inférer. Cette affirmation, cependant, n’a pas encore été empiriquement fondée.

Médiation sociale

Les études qui ont examiné l’effet du visionnage de la télévision par les enfants avec leurs parents en ont démontré les effets positifs. La présence d’adulte aide les enfants à apprendre à partir des programmes éducatifs, à comprendre des éléments essentiels : globalement elle facilite la compréhension. L’adulte peut aussi servir de médiateur quant aux effets négatifs de la violence en exprimant sa désapprobation et en soulignant la différence existant entre la télévision et la vie réelle.

La conception des programmes éducatifs

Seuls quelques caractéristiques des programmes de télévision ont été testées pour leur efficacité à promouvoir l’apprentissage. Ont été étudiés les effets de la combinaison de différents canaux, du rythme des programmes et de la méthode de présentation des contenus, comme décrit ci-dessous.

Combinaison de différents systèmes de symboles

La télévision peut combiner plusieurs systèmes de symboles, tels que les images, les sons, la musique, la langue parlée et écrite, et les présenter simultanément ou séparément.
La recherche suggère que l’utilisation de systèmes de symboles multiples peut faciliter l’apprentissage. Toutefois, les différents systèmes de symboles doivent être combinés avec soin. Une stratégie efficace semble être d’utiliser un premier canal, pour transmettre la plupart des des informations importantes, puis d’utiliser les autres canaux de présenter l’information complémentaire.Le son semble constituer le canal principal, notamment pour les adultes, et l’ajout d’un autre canal est souvent suffisant pour améliorer l’apprentissage.

Fugacité de l’information et rythme des programmes

L’information présentée à la télévision est fugace et éphémère : elle est diffusée en continu, et selon un rythme qui n’est pas sous le contrôle du téléspectateur. Et une fois l’information passée, elle ne peut être retrouvée autrement que par sa mémoire. Il a été suggéré que la continuité et le rythme de l’information présentée avaient une incidence sur la compréhension et l’apprentissage, mais il existe étonnamment peu de recherche à appui de ces propositions.
Les téléspectateurs qui sont familiers avec l’information présentée peuvent être en mesure de suivre le rythme du programme, même s’il est rapide. En outre, si certaines informations manquent, les connaissances déjà acquises dans un domaine familier peuvent être utilisées pour retrouver les données manquantes à partir de la mémoire à long terme. En revanche, si le spectateur a peu de connaissances de base, son rythme cognitif sera plus lent, et peut-inférieur au rythme de présentation des informations. Comme il dispose de moins d’informations dans sa mémoire à long terme qui pourraient être utilisées pour combler les manques, cette situation pourrait rapidement conduire à une insuffisance de compréhension. Ainsi des modèles théoriques ont été proposées pour expliquer l’effet du rythme du programme sur l’apprentissage.

Organisation du contenu

Il existe quelques études qui ont examiné l’efficacité de différents types de contenus à la télévision éducative, avec un intérêt particulier quant à l’organisation et la présentation de l’information.
Une étude qualitative a constaté que les téléspectateurs ont parfois des difficultés à intégrer des séquences de contenu distinctes dans un tout organisé : bien que ces spectateurs puissent comprendre le contenu séquence par séquence, ils ont des difficultés à les intégrer et à en tirer les principaux points.

Deux stratégies ont été efficaces pour aider les apprenants à reconnaître le point essentiel : d’abord, illustrer à plusieurs reprises le point principal, et en suite le souligner dans le commentaire.
Présenter les informations dans un format de type « histoire » est une pratique efficace pour les programmes de télévision éducative, mais tous les aspects de ces histoires ne se retiennent pas aussi bien. Les informations sur des lieux, des objets et des acteurs ont été mieux mémorisées que des informations sur les causes et les conséquences. Des chercheurs suggèrent que, sur la base de leur l’expérience avec des événements de la réalité semblables à ceux présentés à la télévision, les téléspectateurs développent des représentations mentales de ces événements, qui les aident à mémoriser puis à retrouver plus tard les informations relatives à ces événements.

En conclusion, il a été montré que plusieurs aspects de la conception des programmes de télévision influencent leur mémorisation par les téléspectateurs. Toutefois, ces éléments de conception ne semblent pas affecter tous les téléspectateurs de la même façon. La variété et le rythme de l’information présentée aident les téléspectateurs en fonction de facteurs tels que leur âge, leurs attentes, et leurs connaissances de base. Les effets de la fugacité et du rythme de l’information présentée à la télévision sont prouvés, mais leurs mécanismes ne sont pas encore bien compris.

Vers la télévision interactive et personnalisée

Chez Kizz TV, nous avons lu avec grand intérêt cette étude du CCT, bien qu’elle ait été  rédigée à un moment où l’Internet n’était pas encore présent dans un si grand nombre de foyers que c’est le cas aujourd’hui.

Nous en avons essentiellement retenu les éléments suivants :

Cela renforce notre conviction à apporter, avec Kizz TV, quelque chose de complémentaire à la télévision traditionnelle. La télévision telle qu’elle existe depuis plus de 50 ans est un outil puissant, un média de masse qui diffuse des contenus qui, bien que de qualité, sont destinés à tout le monde… et donc à personne en particulier. Même les chaînes spécialisées, comme les chaînes pour enfant, font des compromis pour s’adresser à une large audience, composée de profils-type.

Nous travaillons à concevoir de nouveaux systèmes, qui vont contribuer à transformer la façon dont les parents et les enfants utiliseront la télévision, et ce dans un futur très proche.

Avec plus d’interactivité, plus de personnalisation, la télévision sera plus intelligente demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce travail, ne le menons avec de nombreux acteurs de l’éducation et des médias, qui ont compris qu’une  révolution était en marche.