Les acquis de maternelle influencent tout le parcours scolaire 9 août 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education , Ajouter un commentaireBruno Suchaut, directeur de l’Institut de Recherche sur l’Education (Irédu-CNRS), a publié en 2008 une étude titrée « Le rôle de l’école maternelle dans les apprentissages et la scolarité des élèves ». Il y démontre que la maternelle n’est absolument pas une simple garderie, ce que plus grand monde ne croit désormais, et que certains des apprentissages que l’on y fait sont tout à fait déterminants pour l’avenir des enfants.
Ainsi, pour Bruno Suchaut, « La fréquentation de l’école maternelle procure un avantage pour la suite de la scolarité, tant sur le plan des acquisitions, qu’en termes de carrière scolaire en réduisant la probabilité de redoubler une classe, et notamment le cours préparatoire. Les effets étant d’autant plus positifs que la scolarisation en maternelle a été longue ».
Dans son étude, le chercheur a identifié des compétences précises, acquises dans les classes d’école maternelle et qui sont déterminantes pour la suite du parcours scolaire des enfants : « Les compétences dans l’acquisition de la langue écrite, dans la structuration du temps et dans la construction du nombre à la fin de l’école maternelle déterminent les capacités attentionnelles des élèves à l’entrée au cycle III. Par ailleurs, ces capacités attentionnelles sont liées aux compétences en calcul mental qui elles-mêmes vont déterminer les futures acquisitions des élèves en numération et calcul à l’entrée au collège et, de façon indirecte, les compétences en compréhension. Ce dernier domaine étant central pour expliquer la réussite ou l’échec des élèves à l’entrée au collège… »
Selon le chercheur en sciences de l’éducation, « Les analyses montrent que les élèves sont d’autant plus armés à l’entrée au collège s’ils ont développé des compétences élevées dans certains apprentissages à l’école maternelle. Les activités numériques et la structuration du temps sont des domaines particulièrement importants à travailler. Le recours à des activités systématiques et structurées qui génèrent des effets transversaux et durables sur les acquisitions des élèves ne signifie pas pour autant que le programme de l’école maternelle doit être calqué sur celui de l’école élémentaire. Des activités ludiques (jeux mathématiques) ou l’éducation musicale peuvent être considérés comme des vecteurs d’apprentissage particulièrement pertinents ».
Le schéma suivant présente « les liaisons statistiques entre les différentes dimensions des acquis scolaires depuis l’entrée à l’école élémentaire jusqu’à l’accès au collège. Les liens entre les blocs de compétences, matérialisés sur le graphique par les différentes flèches, mettent en évidence la dynamique des acquisitions au cours de l’école élémentaire.
Une première constatation est l’indépendance des compétences en culture technique et des concepts relatifs à l’espace.
[...]
Une seconde observation est l’interdépendance des compétences dans les différents domaines évalués au cours de la scolarité. On note ainsi que tous les blocs de compétences entretiennent des relations étroites qui vont au-delà des découpages disciplinaires traditionnels (français et mathématiques). Par exemple, les compétences en calcul mental en CE2 sont liées aux compétences en compréhension à l’entrée en 6ème ; de même, on relève une liaison entre les compétences en calcul numérique au CP et les capacités attentionnelles à l’entrée au CE2.
[...]
Une troisième observation, la plus fondamentale par rapport à notre questionnement, est l’émergence d’une structure temporelle des acquisitions des élèves pendant la totalité de l’école élémentaire. Les relations les plus fortes (flèches plus épaisses) mettent en effet en évidence des relations de dépendance entre certaines dimensions des acquis des élèves, ce qui montre bien que le niveau de maîtrise de certaines compétences dès la fin de l’école maternelle, influe sur la maîtrise d’autres compétences plusieurs années plus tard. On peut également formuler ce raisonnement selon une autre logique, à savoir que les compétences clés à l’entrée au collège sont déterminées par la maîtrise de compétences antérieures. »
Kizz TV est destiné aux enfants de 3 à 6 ans, qui fréquentent l’école maternelle. C’est à la fois un outil pour les parents et, avec une démarche pédagogique élaborée par des spécialistes, une activité ludique pour les enfants : avec Kizz TV, nous souhaitons simplement apporter un moyen supplémentaire pour favoriser le développement de l’enfant en lui permettant d’acquérir, à son rythme, les compétences qui fondent le socle de son parcours scolaire.
Les acquis de maternelle ont une très grande valeur ! 3 août 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education , Ajouter un commentaireC’est une étude de l’université de Harvard qui le dit : « Un bon professeur de maternelle vaut 320 000 $ par année » !
En effet, selon les travaux de recherche menés par Raj Chetty, un économiste de Harvard, cette somme de l’ordre de 250 000 euros équivaut à la valeur actualisée de l’argent que gagneront, en plus, au cours de leur carrière les élèves d’une classe qui ont eu un bon enseignant à la maternelle, par rapport aux élèves d’une classe qui ont eu un professeur moins compétent. Cette étude, menée sur plus de 12 000 élèves qui ont fait partie d’un projet éducatif au Tennessee dans les années 80 et qui sont maintenant âgés d’une trentaine d’années.M. Chetty a démontré que les enfants qui avaient eu la chance d’avoir un très bon instituteur à la maternelle bénéficiaient aujourd’hui d’une meilleure situation économique et sociale.
Et cela ne tient pas compte d’autres impacts sociaux positifs qui n’ont pas été mesurés, mais que l’on peut supposer comme une meilleure santé et une plus faible criminalité chez les enfants qui ont eu un bon professeur à la maternelle. D’autres facteurs ont pu jouer, admet M. Chetty, comme le nombre limité à 13 à 17 élèves par classe dans le projet éducatif du Tennessee, ou encore le milieu social et familial de l’enfant, etc. Mais l’économiste considère que ces facteurs ne peuvent pas à eux seuls expliquer l’important écart observable à l’âge adulte. Selon lui « La seule explication valable, c’est l’enseignant. Certains sont efficaces, d’autres pas. »

Cette approche économique de la valeur de l’éducation en général, et des apprentissages de maternelle en particulier, est très anglo-saxonne. Elle fera probablement sourire les professeurs des écoles français, qui gagnent 10 fois moins que cela après une longue carrière : ils n’ont évidemment pas choisi ce métier pour l’argent qu’il leur rapporte.
Pour autant, cette étude exprime de façon un peu triviale une vérité désormais reconnue : c’est dès l’école maternelle que les apprentissages fondamentaux se font, et la qualité de l’enseignement dispensé à l’école maternelle vont permettre à l’enfant d’apprendre à lire, à écrire, à compter, à se concentrer, à se situer dans l’espace, à raisonner, à classer, à ordonner… plus ou moins rapidement et plus ou moins bien. Kizz TV a pour seule ambition d’accompagner l’enfant dans sa progression, en développant ses compétences à son rythme, parallèlement à ce qu’il apprend en maternelle.
Alors, oui, les compétences développées par l’enfant scolarisé en maternelle ont une grande valeur, et pas seulement financière. Car, comme nous le verrons dans un prochain billet, le résultat de ces apprentissages fondamentaux se mesure bien entendu à l’école primaire, mais aussi encore au collège !
Les facteurs de succès de la télévision éducative… et de Kizz TV 2 juillet 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , Ajouter un commentaireLe « Center of Children & Technology » a cherché à savoir quels étaient les facteurs de succès de la télévision éducative. Est-ce que l’apprentissage par la télévision dépend de qui regarde le programme éducatif, et de comment le spectateur le regarde ? Quels sont les éléments déterminants dans la façon dont le programme a été conçu ?
L’audience
Les recherches disponibles, surtout menées sur des adultes, suggèrent que les caractéristiques du public comme l’âge, le niveau d’alphabétisation et d’éducation, la motivation peuvent avoir un rôle important sur la façon dont les téléspectateurs vont recevoir et absorber les informations présentées à la télévision. Mais il reste à apprendre en la matière, notamment en ce qui concerne les effets du milieu social et culturel dont le téléspectateur est issu.
Le processus de visionnage
La recherche suggère que les processus de visionnage actifs, impliquant un effort du téléspectateur, donnent de meilleurs résultats éducatifs que les processus passifs.L’effort mental mis en jeu semble être lié aux idées a priori des téléspectateurs sur le medium : ainsi en général, les téléspectateurs américains perçoivent la télévision comme plus facile à appréhender que l’écrit imprimé, et consentent moins d’efforts pour traiter les informations présentées par ce moyen que dans un document imprimé. Les spectateurs ont aussi des attentes précises sur ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas apprendre de la télévision.
Niveau d’interactivité
La question de savoir comment les différents niveaux d’interactivité offerts par la technologie (par exemple, couper le son, avancer ou revenir en arrière rapidement, mettre en pause, changer de chaîne… ) affectent les résultats d’apprentissage n’a pas été systématiquement examinée. Mais il est communément admis que le contrôle offert à l’utilisateur par la vidéo, le CD-ROM, le DVD ou maintenant l’Internet permet aux téléspectateurs de développer une meilleure compréhension de l’information présentée en lui permettant de réfléchir et d’inférer. Cette affirmation, cependant, n’a pas encore été empiriquement fondée.
Médiation sociale
Les études qui ont examiné l’effet du visionnage de la télévision par les enfants avec leurs parents en ont démontré les effets positifs. La présence d’adulte aide les enfants à apprendre à partir des programmes éducatifs, à comprendre des éléments essentiels : globalement elle facilite la compréhension. L’adulte peut aussi servir de médiateur quant aux effets négatifs de la violence en exprimant sa désapprobation et en soulignant la différence existant entre la télévision et la vie réelle.
La conception des programmes éducatifs
Seuls quelques caractéristiques des programmes de télévision ont été testées pour leur efficacité à promouvoir l’apprentissage. Ont été étudiés les effets de la combinaison de différents canaux, du rythme des programmes et de la méthode de présentation des contenus, comme décrit ci-dessous.
Combinaison de différents systèmes de symboles
La télévision peut combiner plusieurs systèmes de symboles, tels que les images, les sons, la musique, la langue parlée et écrite, et les présenter simultanément ou séparément.
La recherche suggère que l’utilisation de systèmes de symboles multiples peut faciliter l’apprentissage. Toutefois, les différents systèmes de symboles doivent être combinés avec soin. Une stratégie efficace semble être d’utiliser un premier canal, pour transmettre la plupart des des informations importantes, puis d’utiliser les autres canaux de présenter l’information complémentaire.Le son semble constituer le canal principal, notamment pour les adultes, et l’ajout d’un autre canal est souvent suffisant pour améliorer l’apprentissage.
Fugacité de l’information et rythme des programmes
L’information présentée à la télévision est fugace et éphémère : elle est diffusée en continu, et selon un rythme qui n’est pas sous le contrôle du téléspectateur. Et une fois l’information passée, elle ne peut être retrouvée autrement que par sa mémoire. Il a été suggéré que la continuité et le rythme de l’information présentée avaient une incidence sur la compréhension et l’apprentissage, mais il existe étonnamment peu de recherche à appui de ces propositions.
Les téléspectateurs qui sont familiers avec l’information présentée peuvent être en mesure de suivre le rythme du programme, même s’il est rapide. En outre, si certaines informations manquent, les connaissances déjà acquises dans un domaine familier peuvent être utilisées pour retrouver les données manquantes à partir de la mémoire à long terme. En revanche, si le spectateur a peu de connaissances de base, son rythme cognitif sera plus lent, et peut-inférieur au rythme de présentation des informations. Comme il dispose de moins d’informations dans sa mémoire à long terme qui pourraient être utilisées pour combler les manques, cette situation pourrait rapidement conduire à une insuffisance de compréhension. Ainsi des modèles théoriques ont été proposées pour expliquer l’effet du rythme du programme sur l’apprentissage.
Organisation du contenu
Il existe quelques études qui ont examiné l’efficacité de différents types de contenus à la télévision éducative, avec un intérêt particulier quant à l’organisation et la présentation de l’information.
Une étude qualitative a constaté que les téléspectateurs ont parfois des difficultés à intégrer des séquences de contenu distinctes dans un tout organisé : bien que ces spectateurs puissent comprendre le contenu séquence par séquence, ils ont des difficultés à les intégrer et à en tirer les principaux points.
Deux stratégies ont été efficaces pour aider les apprenants à reconnaître le point essentiel : d’abord, illustrer à plusieurs reprises le point principal, et en suite le souligner dans le commentaire.
Présenter les informations dans un format de type « histoire » est une pratique efficace pour les programmes de télévision éducative, mais tous les aspects de ces histoires ne se retiennent pas aussi bien. Les informations sur des lieux, des objets et des acteurs ont été mieux mémorisées que des informations sur les causes et les conséquences. Des chercheurs suggèrent que, sur la base de leur l’expérience avec des événements de la réalité semblables à ceux présentés à la télévision, les téléspectateurs développent des représentations mentales de ces événements, qui les aident à mémoriser puis à retrouver plus tard les informations relatives à ces événements.
En conclusion, il a été montré que plusieurs aspects de la conception des programmes de télévision influencent leur mémorisation par les téléspectateurs. Toutefois, ces éléments de conception ne semblent pas affecter tous les téléspectateurs de la même façon. La variété et le rythme de l’information présentée aident les téléspectateurs en fonction de facteurs tels que leur âge, leurs attentes, et leurs connaissances de base. Les effets de la fugacité et du rythme de l’information présentée à la télévision sont prouvés, mais leurs mécanismes ne sont pas encore bien compris.
Vers la télévision interactive et personnalisée
Chez Kizz TV, nous avons lu avec grand intérêt cette étude du CCT, bien qu’elle ait été rédigée à un moment où l’Internet n’était pas encore présent dans un si grand nombre de foyers que c’est le cas aujourd’hui.
Nous en avons essentiellement retenu les éléments suivants :
- les programmes éducatifs doivent être aussi finement adaptés que possible à leur audience, et ceci vaut pour les contenus et pour leur organisation.
- les programmes éducatifs doivent jouer sur l’interactivité et les changements de rythme pour être plus efficaces.
Cela renforce notre conviction à apporter, avec Kizz TV, quelque chose de complémentaire à la télévision traditionnelle. La télévision telle qu’elle existe depuis plus de 50 ans est un outil puissant, un média de masse qui diffuse des contenus qui, bien que de qualité, sont destinés à tout le monde… et donc à personne en particulier. Même les chaînes spécialisées, comme les chaînes pour enfant, font des compromis pour s’adresser à une large audience, composée de profils-type.
Nous travaillons à concevoir de nouveaux systèmes, qui vont contribuer à transformer la façon dont les parents et les enfants utiliseront la télévision, et ce dans un futur très proche.

Avec plus d’interactivité, plus de personnalisation, la télévision sera plus intelligente demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce travail, ne le menons avec de nombreux acteurs de l’éducation et des médias, qui ont compris qu’une révolution était en marche.
La télévision et les apprentissages de base 23 juin 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , Ajouter un commentaireDes programmes de télévision éducative ont été conçus pour améliorer les compétences de base : lire, écrire, parler, écouter et compter. La plupart de ces programmes ont ciblé les jeunes enfants. Que peuvent-ils en retirer ? Selon les recherches qui ont accompagné le développement de certains de ces programmes, la télévision a été démontré ses effets à vis-à-vis des apprentissages de base, en matière de comportements, d’attitudes et de connaissances, et elle joue aussi sur des compétences plus spécifiques.
Impact sur les comportements
Peu de recherches ont abordé l’impact des programmes éducatifs à la télévision basée sur le comportement vis-à-vis de l’enseignement lui-même. Mais ce manque de recherches, dû à la difficulté d’observation et de mesure, ne signifie pas que les programmes éducatifs n’ont pas d’effet sur le comportement des téléspectateurs. Il existe nombreuses façons dont la télévision pourrait avoir un impact sur les apprentissages des téléspectateurs. Par exemple, regarder l’adaptation à la télévision d’un roman peut inciter les téléspectateurs à se procurer le livre et à le lire. Il a été démontré qu’aux USA le programme bilingue « Carrascolendas », conçu pour enseigner et promouvoir la langue espagnole aux jeunes enfants d’origine latino-américaine, avait effectivement augmenté l’utilisation de l’espagnol parmi ses téléspectateurs.
Impact sur les attitudes
Plusieurs études ont démontré que les programmes éducatifs peuvent changer les attitudes des téléspectateurs sur la lecture, l’écriture et les mathématiques. Par exemple aux USA il a été démontré que le programme « Ghostwriter » avait accru la sensibilisation des enfants de la pertinence de la lecture de l’écriture. De même, une étude a prouvé que le programme « Infinity factory » avait réussi à changer l’attitude des enfants envers les mathématiques.
Impact sur les connaissances
Les programmes éducatifs peuvent aussi apporter une contribution importante en matière de connaissances des téléspectateurs, notamment sur la lecture des mots et l’acquisition de la culture : le vocabulaire du téléspectateur s’accroît quand de nouveaux mots lui sont présentés à l’écran, soit oralement soit sous forme écrite. Ainsi le programme« Carrascolendas » a développé chez ses spectateurs la connaissance de la culture et de l’histoire hispaniques.
Impact sur les enseignements de base
Des améliorations dans les compétences en lecture ont été observées pour les téléspectateurs de « The Electric Society ». De même, les téléspectateurs des programmes « Square One TV » et « Factory Infinity » ont augmenté leurs performances dans la résolution de problèmes. La manière dont ces programmes agissent n’est pas encore bien comprise, mais il semble que les programmes de mathématiques facilitent l’utilisation des compétences déjà existantes.
Généralement, les recherches qui ont été recensées sur la télévision éducative donnent à penser que la télévision a un vrai potentiel pour améliorer l’apprentissage en général et les enseignements de base en particulier. Mais il y a plusieurs façons dont la télévision peut influencer la façon dont les téléspectateurs apprennent, et l’utilisation de la télévision ne peut, à elle seule, garantir que l’apprentissage se fait.
La conclusion la plus intéressante des études qui ont été menées, surtout aux USA, est que le fait de savoir si l’apprentissage qui se produit grâce à un programme de télévision éducatif dépend de plusieurs facteurs :
- qui regarde ce programme,
- comment le spectateur le regarde,
- comment le programme a été conçu,
- le contexte dans lequel le programme est visionné.
C’est ce que nous verrons dans un prochain billet…
Apprendre avec la télévision ? 14 juin 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , Ajouter un commentaireDepuis 1980, le « Center of Children & Technology » a exploré le rôle que les nouvelles technologies peuvent jouer dans la vie des enfants. Étant l’une des premières organisations de recherche et développement en technologies de l’éducation aux USA, le CCT a reconnu très tôt que les technologies numériques allait changer la compréhension que les gens ont du monde, de manière cruciale et complexe, mais aussi imprévisible.
En effet, dès les années 1970-1980, les éducateurs ont perçu la télévision comme n’étant pas particulièrement bénéfique au développement de la lecture et de l’écriture. Leurs inquiétudes ont été alimentées par des résultats de recherches suggérant que, depuis l’apparition de la télévision, les gens passaient moins de temps à lire des livres. Mais, a contrario, les éducateurs se sont aussi intéressés à explorer le potentiel éducatif de la télévision et de la vidéo pour l’enseignement des compétences de base comme la lecture, l’écriture, et les mathématiques.

En 1996, Babette Moeller chercheur au CCT a publié une étude titrée « Learning from Television: A Research Review ». Dans ce travail de recherche, elle tente de répondre à la grande question que se posent les éducateurs et enseignants intéressés à utiliser la télévision : « Qu’est-ce que les gens apprennent avec la télévision ? »
Pour cela, elle a analysé et synthétisé de nombreux livres, articles de revues scientifiques, rapports de psychologie, sociologie, anthropologie concernant des domaines pluridisciplinaires tels que l’éducation, la communication, l’apprentissage à distance… La littérature scientifique indique que les programmes télévisuels peuvent avoir quatre grands types d’effets sur les téléspectateurs, en agissant sur
- les comportements,
- les attitudes, les croyances et valeurs,
- les connaissances,
- les aptitudes cognitives.
Télévision et comportements
Les effets comportementaux de la télévision sont difficiles à établir, et ont été plus particulièrement observés dans des recherches portant sur la publicité d’une part, les comportements agressifs d’autre part. Les chercheurs ont proposé trois mécanismes principaux par lesquels la télévision agit sur le comportement : l’imitation, l’activation physiologique et la désinhibition. Il semble que ces mécanismes soient complémentaires plutôt que concurrents.
Télévision et attitudes, croyances, valeurs
Il existe un vaste corpus de recherches qui indiquent que la télévision a un impact important sur les attitudes, les croyances et les valeurs. C’est particulièrement le cas en ce qui concerne la violence et la perception de différents groupes sociaux comme les femmes, les minorités ethniques, les personnes âgées. Ainsi il a été démontré que plus les gens voyaient de violence à la télévision plus ils pensaient que la violence était présente dans leur vie. Cette influence semble agir selon des mécanismes à seuils. Par exemple, la vision positive que donne le programme « Cosby Show » des noirs américains vient à elle seule contrebalancer l’image négative qui est le plus souvent donnée par d’autres programmes.
Télévision et connaissances
La télévision est riche en informations, tant factuelles que fictives. Bien qu’il n’y ait guère de doute sur le fait que la télévision, un média destiné à transmettre de l’information, a un effet réel sur les connaissances des gens, il existe relativement peu de recherche sur cette question.
Ainsi les processus sous-jacents par lesquels ont lieu des changements dans les connaissances du téléspectateur ne sont pas encore bien compris. L’excitation est un mécanisme qui a été évoqué pour expliquer l’impact de la télévision sur l’acquisition d’informations : ainsi certaines caractéristiques des programmes de télévision, telles que le rythme rapide des images ou certains effets visuels peuvent accroître l’attention chez le spectateur, ce qui va faciliter l’acquisition de connaissances
Télévision et aptitudes cognitives
Il existe une variété de façons dont la télévision, tant par son contenu que par la forme de ses images et les codes cinématographiques utilisés, peut influer sur les aptitudes cognitives. Il a été démontré que l’observation de zooms lents sur les détails d’une grande image aidait les enfants à acquérir les compétences analytiques visuelles. De même, les changements d’angles de caméra peuvent améliorer la maîtrise de la perspective et de l’orientation spatiale des enfants. La recherche a également démontré une relation entre le rythme des programmes de télévision et la persévérance des enfants : des programmes très rythmés peuvent rendre les enfants plus impulsifs, alors que des programmes plus lents améliorent leur persévérance à l’école.
Conclusion… provisoire
En conclusion des premiers chapitres de l’étude du CCT, il est clair que la télévision a de multiples impacts sur ses spectateurs, et particulièrement sur leurs comportements,leurs attitudes, leurs connaissances et leurs aptitudes cognitives. Mais comment utiliser au mieux ce potentiel, en faveur de l’éducation des enfants ?
C’est ce que nous verrons dans nos prochains billets…
Les travaux intéressants de Serge Tisseron 12 avril 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , 1 commentaire
Serge Tisseron est un psychiatre et psychanalyste assez souvent invité par les médias, où vous l’avez sans doute déjà vu ou entendu. Il a beaucoup travaillé sur l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC), et plus particulièrement leur impact sur notre vie quotidienne.
Il a notamment développé son point de vue, il y a un an , lors d’une conférence titrée « Quand les écrans créent une nouvelle culture… » dont vous pouvez lire un compte-rendu.
Nous partageons pleinement l’avis de Serge Tisseron sur l’usage éducatif des TIC, qui apportent effectivement une nouvelle approche en matière d’enseignement, d’apprentissage, d’acquisition de compétences et de connaissances.
Apprentissage inductif ou enseignement déductif ?
Pour Serge Tisseron, avec les TIC, la méthode d’apprentissage est inductive : l’enfant apprend de ses essais et erreurs. A l’école, la méthode d’enseignement est déductive : l’enfant formule des hypothèses. La différence est importante, car avec les TIC l’enfant n’apprend que s’il ose prendre des risques : il doit essayer pour parvenir au résultat. A l’école, au contraire, l’enfant cherche à éviter les risques, et tend à ne donner une réponse au professeur que quand il est sûr de lui. L’important est de faire comprendre aux enfants qu’il existe deux manières d’apprendre, qui sont complémentaires !
Les TIC permettent l’acquisition de connaissances, avec des logiciels et notamment des « serious games ». Mais ces outils sont encore peu développés en France par rapport à d’autres pays. Il semble que l’Education Nationale soit encore réticente vis-à-vis de ces logiciels, qui, comme on vient de le voir, sont en rupture avec les traditions d’enseignement.
A quel âge aborder l’ordinateur ?
En revanche, et cela ne vous surprendra pas, nous n’adhérons pas à la « règle des 3-6-9-12 » édictée par Serge Tisseron : selon cette préconisation, les enfants peuvent regarder la télévision à partir de 3 ans mais ne doivent pas se servir d’une console de jeu ou d’un ordinateur avant 6 ans. Or Kizz TV, avec ses jeux éducatifs et ses vidéos pour enfants, peut être considéré comme un outil hybride et nouveau, à la fois télévision et console de jeu… Kizz TV s’adresse précisément aux 3-6 ans, et leur plaît beaucoup !
Chez Kizz TV, nous considérons que les enfants de 3 ans et plus peuvent tout à fait aborder l’ordinateur, à condition d’y jouer intelligemment : les activités doivent être à la fois éducatives et ludiques, adaptées à l’âge de l’enfant et à son développement cognitif individuel, le jeu sur ordinateur doit se faire sous le contrôle des parents et pour une durée quotidienne et hebdomadaire modérée.
Pour aller plus loin, voici des liens concernant Serge Tisseron :
- son blog
- sa présentation par l’Université Paris X Nanterre
- son livre, disponible en ligne, « Les dangers de la télé pour les bébés »
- un entretien sur le thème «Apprendre à l’ère des nouvelles technologies »


Apprendre à l’ère des nouvelles technologies
Apprendre à reconnaître les couleurs 24 mars 2010
Mis en ligne par klund dans la catégorie : Education , Ajouter un commentaire
L’environnement de l’enfant est extrêmement coloré : jouets, affiches, livres, dessins…
Lui apprendre à nommer les couleurs, puis plus tard à les maîtriser par la peinture, c’est lui apprendre à connaître son environnement.
La vision des couleurs est déjà acquise par le nourrisson dès 2 ou 3 mois.
C’est seulement à partir de 2 ans que l’enfant peut comprendre le concept de couleur. Pour l’aider à reconnaître les couleurs, mieux vaut lui présenter des couleurs vives. De l’assiette aux gommettes, en passant par les crayons de couleur, tout est bon pour l’aider à se familiariser avec les couleurs. Cela fait d’ailleurs partie du programme de la première année de maternelle.
C’est vers 5 ans que l’enfant doit être capable de ne plus se tromper en nommant une couleur.
MOT-CLES : Discernement, comparaison, perception, gamme, association, créativité
En savoir plus :
- Bornstein M. – Psychology And Its Allied Disciplines: The Natural Sciences (Volume 3 – 1984)
-
Johnson E.G. – The Development of Color Knowledge in Preschool Children - Child Development, Volume 48, N° 1, pp. 308-311 (1977)
-
Kimball M.M. et Dale, P.S. – The Relationship between Color Naming and Color Recognition Abilities of Preschoolers - Child Development, Volume 43, N° 3, pp. 972-980 (1972)
- Dale P.S. – Color Naming, Matching, and Recognition by Preschoolers - Child Development, Volume 40, N° 4, pp. 1135-1144 (1969)
Les apports pédagogiques du jeu 15 mars 2010
Mis en ligne par vtauzia dans la catégorie : Education, Usages , Ajouter un commentaireNous savons depuis Piaget que l’enfant accumule des savoirs sur le monde par le jeu. Nous parlons là de tous types de jeux, pas forcément uniquement de ceux disponibles en ligne. Les jeux pour les enfants de maternelle permettent notamment de développer les compétences « transversales » nécessaires à ce socle de connaissances lié à l’entrée au cours préparatoire.
Le jeu permet aussi l’émergence d’un langage intérieur ; l’enfant parle à travers ses jeux, ce qui contribue à la construction psychique du « je ». J’ai lu quelque part qu’à cette âge « Le Je est en jeu, Je est enjeu ». Oui je sais, bof…
Le jeu éducatif devant un écran ou « online »
Pour pouvoir s’exprimer par le jeu, l’enfant doit trouver un cadre qui soit à la fois simple et souple, tout en étant garant de sa sécurité. Exactement ce que l’on demande à l’école de mettre en place pour nos enfants.
Il s’agit donc d’organiser sans brider. Le ludo-éducatif en ligne possède en lui cette ambigüité : jeu ou exercice, récompense ou cheminement naturel ? Nous pensons que l’important réside dans l’expérience globale qu’a l’enfant devant un écran : un environnement qui lui permette d’être autonome et dans lequel il (ou elle) est mis(e) dans des situations expertes d’apprentissage par la recherche, l’erreur et le questionnement.
Observons les compétences les plus exercées par les enfants au travers de jeux sur Kizz TV. Sur le graphe ci-dessous, on se rend aisément compte que l’écran d’ordinateur semble plutôt adapté à certaine compétences où l’abstraction joue un rôle important. Les compétences plus propices à la manipulation (ordonnancement, écriture, orientation dans l’espace) sont elles plus en retrait.
Rechercher la complémentarité
Nous proposons donc d’organiser et d’ajuster de manière experte les alternances et les stratégies d’interactions devant l’écran.
Les parents ne sont pas absents de ce paysage. Au contraire. Ils ont la (lourde) charge d’organiser les temps de jeu. Le jeu face à l’écran, aussi qualitatif et intelligent soit-il, n’est qu’une possibilité parmi l’ensemble des jeux disponibles.
Kizz TV n’est qu’une partie de l’équation, pas sa solution. Néanmoins, nous essayons, modestement, de la simplifier.
Apprendre à s’orienter dans l’espace 26 février 2010
Mis en ligne par klund dans la catégorie : Education , 2 commentaires
Cette compétence met en jeu l’habileté spatiale et l’estimation des distances. S’orienter dans l’espace, c’est aussi développer la notion de relativité, son corps et les autres, soi par rapport aux autres, le fondement de sa personnalité.
L’enfant apprend peu à peu à connaître et utiliser les notions de devant, derrière, sur, sous, dedans, dehors, en haut, en bas, à même distance, plus loin, plus près…
MOT-CLES : Orientation, attention, concentration, mémorisation, discernement, réflexion
Vers 5 ans, un enfant est capable d’estimer la distance d’objets par rapport à d’autres. Il peut aussi se représenter un objet comme étant à égale équidistance de deux autres objets.
La perception spatiale s’acquiert graduellement, les notions plus subtiles venant progressivement s’ajouter aux plus simples pour permettre à l’enfant de comprendre et décrire le monde qui l’entoure :
- 2-3 ans : grand / petit, devant / derrière, sur / sous, dedans / dehors, en haut / en bas
- 4 ans : à coté, loin / près, autour, moyen, couché (horizontal) / debout (vertical)
- 5 ans : contre, partout, droit, entier
- 6 ans : droite (sur lui) / gauche (sur lui), au milieu, demi, épais / mince
- 7-8 ans : droite / gauche (sur autrui, placé dans le même sens ou face à face), court / long
En savoir plus :
- Lièvre B. et Staës L. – La psychomotricité au service de l’enfant – Notions et applications pédagogiques – Belin (2006)
- Newcombe N. S. et Huttenlocher J. – Making space: The development of spatial representation and reasoning – MIT Press (2000)
- Huttenlocher J. et Newcombe N. S. (1984-89) in Enfant et raisonnement. Le développement cognitif de l’enfant – R. Siegler (2001)
- Piaget J. – La représentation de l’espace chez l’enfant – Presses Universitaires de France. (2e éd. 1972, 3e éd. 1977, 4e éd. 1981)
Apprendre à classer 3 février 2010
Mis en ligne par klund dans la catégorie : Education , 1 commentaire
Cette compétence concerne les activités d’organisation et de hiérarchisation basées sur une relation de ressemblance, de convenance ou d’usage.
Elle est développée grâce :
- aux jeux de classification (figurale et non figurale)
- aux activités présentant la notion de quantité
- aux activités d’encastrement
- aux activités de conceptualisation
MOT-CLES : Conceptualiser, catégoriser, associer, différencier, observer, encastrer
La catégorisation est l’activité cognitive visant à ranger dans une même classe des objets ou des personnes de même nature. Pour Piaget, une collection est un rassemblement d’objets discrets en petits agrégats, soit en fonction de leur appartenance à une configuration perceptive (collection figurale), soit en fonction de ressemblances entre objets à classer (collection non figurale).
Dès 9 mois, les bébés comprennent que les catégories comme les animaux et les véhicules possèdent des attributs qui leur sont propres. Les bébés peuvent également former des catégories pour des propriétés des objets tels que la couleur, l’orientation, la forme et les expressions faciales.
Un enfant est capable de constituer des collections figurales entre 2 et 5 ans, des collections non figurales entre 5 et 7 ans. En effet, la perception des formes les plus simples se met en place entre 3 et 5 ans, selon la chronologie suivante :
- Rond : 3 ans
- Croix : 3 ans et demi
- Carré : 4 ans
- Triangle : 5 ans
En savoir plus :
- Lièvre B. et Staës L. – La psychomotricité au service de l’enfant – Notions et applications pédagogiques – Belin (2006)
- Quinn P. C. et Eimas P. D. – Perceptual cues that permit categorical differentiation of animal species by infants. Journal of Experimental Child Psychology, 63, 189-211 (1996).
- Hudson J.A. et Nelson K. – Repeated encounters of a similar kind : effects of familiarity on children’s autobiographical memory, In Cognitive development, 1, 253-271 (1986)
- Bornstein M. – Psychology And Its Allied Disciplines: The Natural Sciences (Volume 3 – 1984)



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