Découvrir les langues étrangères à partir de 3 ans 17 novembre 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education , Ajouter un commentaireLes enfants qui sont à l’âge de l’école maternelle peuvent commencer à découvrir une langue étrangère, notamment avec des vidéos pédagogiques spécialement conçues dans ce but.
Ainsi les vidéos de la série « Little Pim » sont reconnues pour leur apport pédagogique car, pour Marie-Frédérique Tanqueray, représentante de Little Pim pour l’Europe francophone, « les séquences Little Pim ont été créeés afin de profiter de cette période propice où l’enfant s’approprie une langue de manière intuitive, en l’écoutant. La méthode Little Pim associe sons, images et effets de répétition pour des enfants qui ne savent ni lire, ni écrire. L’objet ou l’action décrits dans chaque séquence est clairement identifiable, et tous les épisodes ont été conçus pour favoriser l’interaction parents-enfants, ce qui fait de Little Pim une méthode claire et efficace qui a remporté de très nombreux prix »
C’est pourquoi nous avons choisi d’intégrer à Kizz TV des séquences Little Pim qui permettent à l’enfant de s’initier à l’anglais, en complément des jeux éducatifs en anglais que nous apporte notre partenariat avec l’éditeur nord-américain Scholastic. Au-delà, nous prévoyons de pouvoir intégrer en 2011 la découverte de l’arabe et du chinois, pour répondre à la demande de familles issues de communautés qui souhaitent que leurs enfants gardent un lien avec leur culture d’origine.
Des études ont été menées, chez des enfants assez grands, déjà scolarisés, qui ont démontré que la télévision pouvait jouer un rôle éducatif, et notamment améliorer l’acquisition d’un vocabulaire riche dans leur langue maternelle.
Développer le vocabulaire par la vidéo ? Oui, mais pas chez les bébés.
Pour autant, la vidéo n’est pas toujours utile aux enfants pour l’acquisition du vocabulaire, et il apparaît que l’âge de l’enfant est un facteur essentiel.
Il y a quelques années, Disney a sorti une nouvelle gamme de produits, les DVD « Baby Einstein ». Destinés aux bébés, de 0 à 3 ans, ces DVD étaient censés favoriser l’acquisition par les tout petits du vocabulaire de base. Mais qu’en est-il vraiment ?

Des scientifiques se sont penchés sur la question, et une étude a été menée aux USA par le Dr Judy S. DeLoache et son équipe du département de psychologie de l’Université de Virginie. Les résultats, publiés par la revue « Psychological Science » dans un article intitulé « Do Babies Learn From Baby Media? » sont clairs : l’effet de ces DVD sur les enfants n’est pas avéré.
Pour mesurer l’effet éventuel de ces DVD, les chercheurs ont constitué un échantillon de 72 enfants de 12 à 18 mois, répartis en 4 groupes. Les enfants de certains groupes ont été amenés à visionner un des DVD de la série, dans lequel une voix présente et nomme des objets familiers se trouvant dans la maison. Aucun des enfants n’avait vu ce DVD préalablement à l’expérience. Après un mois, la mémoire des enfants a été testée pour mesurer leur niveau de connaissance des mots apparaissant dans la série.
Première observation : Les bébés qui avaient regardé le DVD, seuls ou avec leurs parents, ne savaient pas plus de mots que ceux qui n’avaient pas vu le DVD.
Seconde observation : Les parents qui ont apprécié le DVD ont jugé que leurs enfants en avaient retiré plus de choses que les parents qui ne l’avaient pas aimé. Alors qu’en réalité les chercheurs ont constaté que, dans les deux cas, les enfants avaient appris le même nombre de mots.
Selon les chercheurs, l’apprentissage du langage par les bébés se fait principalement par l’interaction avec leurs proches, et l’utilisation d’un programme qui les laisse passifs devant un écran n’apporte rien.
En conclusion
Il ressort de ces différentes études que tout est question de mesure : l’écran peut être utile, mais seulement à partir d’un certain âge : la plupart de spécialistes s’accordent à considérer qu’il apporte peu aux enfants de moins de 3 ans.
Il apparaît aussi que l’apport de l’écran est d’autant plus important que l’enfant s’implique, et donc que l’activité qui lui est proposée sur l’écran est interactive.
Enfin, les parents jouent évidement un rôle essentiel : en s’intéressant à ce que l’enfant a fait avec l’écran, en discutant avec lui des programmes qu’il a regardés et des jeux auxquels il a joués, en apportant à leur enfant des explications complémentaires, du vocabulaire supplémentaire, ils accroissent l’effet pédagogique des écrans.
C’est pour cela que les fondateurs de Kizz TV, eux-même parents de jeunes enfants, ont conçu un système qui implique les parents : Kizz TV leur apporte des outils pour contrôler le temps de jeu de leur enfant, suivre précisément ce qu’il fait et visualiser ses progrès selon une douzaines d’aptitudes qui sont développées à l’école maternelle.
Jeux vidéo et apprentissages, aux USA 5 octobre 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education , Ajouter un commentaireLa presse américaine s’est récemment fait l’écho d’expérimentations et d’études intéressantes concernant l’usage pédagogique des jeux vidéo par les enfants et dans les écoles.
Le Washingon Post a consacré un article à une étude menée par l’Université du Maryland. Selon cette étude, la première à mesurer sur le long terme les effets de l’usage des médias pendant l’enfance, les scores obtenus par les enfants aux tests d’évaluation et de comportement ne montrent aucun effet dommageable pour les enfants âgés de 6 à 12 ans, même s’ils ont augmenté leur temps d’écran sur une période de six ans.
Les résultats de l’étude menée par Sandra L. Hofferth, sociologue et directrice du Maryland Population Research Center , ont été publiés dans la revue scientifique Child Development. Ils révèlent que les jeux vidéo présentent des avantages pour les filles et les garçons noirs :
- les garçons afro-américains améliorent de 4 points leurs scores en lecture.
- les résultats des filles aux tests de lecture et de mathématiques sont améliorés d’un point. Autre avantage, du point de vue social : les filles blanches étaient moins susceptibles d’être écartées par les garçons puisqu’elles jouaient plus sur ordinateur.
Seuls les garçons blancs ont montré une baisse aux scores de test – faible mais statistiquement significative – que Mme Hofferth interprète comme résultant d’un excès de surf : « Visiter des sites web au hasard n’est pas forcément bon » dit-elle. « Cependant, jouer à des jeux et étudier sur Internet sont des activités plus ciblées, qui ont un effet positif. »
Il faut savoir qu’en 2008, aux USA, les enfants âgés de 10 à 12 ans passé en moyenne 3,4 heures par semaine sur un ordinateur pour du chat, des jeux et sur des sites Web. Les adolescents de 16 à 18 ans passent eux en moyenne 6,3 heures par semaine au clavier.
Le New York Times a pour sa part diffusé sur son site web un intéressant reportage sur l’utilisation à l’école de jeux vidéo collaboratifs. Des enseignants et des concepteurs de jeux, ainsi que des écoliers, apportent leur témoignage.
Kizz TV, qui s’adresse aux enfant de 3 à 7 ans, a précisément pour but de développer l’apprentissage par le jeu pour les enfants de maternelle. Kizz TV a été élaborée en France par la société CogniK avec l’aide de chercheurs et spécialistes en sciences cognitives, ainsi que d’enseignants et pédagogues. Nous avons travaillé ensemble pour proposer aux familles un service utile aux enfants comme aux parents.
Aux enfants, Kizz TV apporte des centaines de jeux éducatifs et dessins animés intelligents en accès illimité, avec un apprentissage pédagogique individualisé.
Aux parents, Kizz TV donne des outils de suivi, et l’assurance que les enfants apprennent en s’amusant, dans un environnement sécurisé et maitrisé.
Si vous adhérez à notre démarche, vous pouvez nous aider : faites connaître Kizz TV autour de vous !
Les facteurs de succès de la télévision éducative… et de Kizz TV 2 juillet 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , 1 commentaireLe « Center of Children & Technology » a cherché à savoir quels étaient les facteurs de succès de la télévision éducative. Est-ce que l’apprentissage par la télévision dépend de qui regarde le programme éducatif, et de comment le spectateur le regarde ? Quels sont les éléments déterminants dans la façon dont le programme a été conçu ?
L’audience
Les recherches disponibles, surtout menées sur des adultes, suggèrent que les caractéristiques du public comme l’âge, le niveau d’alphabétisation et d’éducation, la motivation peuvent avoir un rôle important sur la façon dont les téléspectateurs vont recevoir et absorber les informations présentées à la télévision. Mais il reste à apprendre en la matière, notamment en ce qui concerne les effets du milieu social et culturel dont le téléspectateur est issu.
Le processus de visionnage
La recherche suggère que les processus de visionnage actifs, impliquant un effort du téléspectateur, donnent de meilleurs résultats éducatifs que les processus passifs.L’effort mental mis en jeu semble être lié aux idées a priori des téléspectateurs sur le medium : ainsi en général, les téléspectateurs américains perçoivent la télévision comme plus facile à appréhender que l’écrit imprimé, et consentent moins d’efforts pour traiter les informations présentées par ce moyen que dans un document imprimé. Les spectateurs ont aussi des attentes précises sur ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas apprendre de la télévision.
Niveau d’interactivité
La question de savoir comment les différents niveaux d’interactivité offerts par la technologie (par exemple, couper le son, avancer ou revenir en arrière rapidement, mettre en pause, changer de chaîne… ) affectent les résultats d’apprentissage n’a pas été systématiquement examinée. Mais il est communément admis que le contrôle offert à l’utilisateur par la vidéo, le CD-ROM, le DVD ou maintenant l’Internet permet aux téléspectateurs de développer une meilleure compréhension de l’information présentée en lui permettant de réfléchir et d’inférer. Cette affirmation, cependant, n’a pas encore été empiriquement fondée.
Médiation sociale
Les études qui ont examiné l’effet du visionnage de la télévision par les enfants avec leurs parents en ont démontré les effets positifs. La présence d’adulte aide les enfants à apprendre à partir des programmes éducatifs, à comprendre des éléments essentiels : globalement elle facilite la compréhension. L’adulte peut aussi servir de médiateur quant aux effets négatifs de la violence en exprimant sa désapprobation et en soulignant la différence existant entre la télévision et la vie réelle.
La conception des programmes éducatifs
Seuls quelques caractéristiques des programmes de télévision ont été testées pour leur efficacité à promouvoir l’apprentissage. Ont été étudiés les effets de la combinaison de différents canaux, du rythme des programmes et de la méthode de présentation des contenus, comme décrit ci-dessous.
Combinaison de différents systèmes de symboles
La télévision peut combiner plusieurs systèmes de symboles, tels que les images, les sons, la musique, la langue parlée et écrite, et les présenter simultanément ou séparément.
La recherche suggère que l’utilisation de systèmes de symboles multiples peut faciliter l’apprentissage. Toutefois, les différents systèmes de symboles doivent être combinés avec soin. Une stratégie efficace semble être d’utiliser un premier canal, pour transmettre la plupart des des informations importantes, puis d’utiliser les autres canaux de présenter l’information complémentaire.Le son semble constituer le canal principal, notamment pour les adultes, et l’ajout d’un autre canal est souvent suffisant pour améliorer l’apprentissage.
Fugacité de l’information et rythme des programmes
L’information présentée à la télévision est fugace et éphémère : elle est diffusée en continu, et selon un rythme qui n’est pas sous le contrôle du téléspectateur. Et une fois l’information passée, elle ne peut être retrouvée autrement que par sa mémoire. Il a été suggéré que la continuité et le rythme de l’information présentée avaient une incidence sur la compréhension et l’apprentissage, mais il existe étonnamment peu de recherche à appui de ces propositions.
Les téléspectateurs qui sont familiers avec l’information présentée peuvent être en mesure de suivre le rythme du programme, même s’il est rapide. En outre, si certaines informations manquent, les connaissances déjà acquises dans un domaine familier peuvent être utilisées pour retrouver les données manquantes à partir de la mémoire à long terme. En revanche, si le spectateur a peu de connaissances de base, son rythme cognitif sera plus lent, et peut-inférieur au rythme de présentation des informations. Comme il dispose de moins d’informations dans sa mémoire à long terme qui pourraient être utilisées pour combler les manques, cette situation pourrait rapidement conduire à une insuffisance de compréhension. Ainsi des modèles théoriques ont été proposées pour expliquer l’effet du rythme du programme sur l’apprentissage.
Organisation du contenu
Il existe quelques études qui ont examiné l’efficacité de différents types de contenus à la télévision éducative, avec un intérêt particulier quant à l’organisation et la présentation de l’information.
Une étude qualitative a constaté que les téléspectateurs ont parfois des difficultés à intégrer des séquences de contenu distinctes dans un tout organisé : bien que ces spectateurs puissent comprendre le contenu séquence par séquence, ils ont des difficultés à les intégrer et à en tirer les principaux points.
Deux stratégies ont été efficaces pour aider les apprenants à reconnaître le point essentiel : d’abord, illustrer à plusieurs reprises le point principal, et en suite le souligner dans le commentaire.
Présenter les informations dans un format de type « histoire » est une pratique efficace pour les programmes de télévision éducative, mais tous les aspects de ces histoires ne se retiennent pas aussi bien. Les informations sur des lieux, des objets et des acteurs ont été mieux mémorisées que des informations sur les causes et les conséquences. Des chercheurs suggèrent que, sur la base de leur l’expérience avec des événements de la réalité semblables à ceux présentés à la télévision, les téléspectateurs développent des représentations mentales de ces événements, qui les aident à mémoriser puis à retrouver plus tard les informations relatives à ces événements.
En conclusion, il a été montré que plusieurs aspects de la conception des programmes de télévision influencent leur mémorisation par les téléspectateurs. Toutefois, ces éléments de conception ne semblent pas affecter tous les téléspectateurs de la même façon. La variété et le rythme de l’information présentée aident les téléspectateurs en fonction de facteurs tels que leur âge, leurs attentes, et leurs connaissances de base. Les effets de la fugacité et du rythme de l’information présentée à la télévision sont prouvés, mais leurs mécanismes ne sont pas encore bien compris.
Vers la télévision interactive et personnalisée
Chez Kizz TV, nous avons lu avec grand intérêt cette étude du CCT, bien qu’elle ait été rédigée à un moment où l’Internet n’était pas encore présent dans un si grand nombre de foyers que c’est le cas aujourd’hui.
Nous en avons essentiellement retenu les éléments suivants :
- les programmes éducatifs doivent être aussi finement adaptés que possible à leur audience, et ceci vaut pour les contenus et pour leur organisation.
- les programmes éducatifs doivent jouer sur l’interactivité et les changements de rythme pour être plus efficaces.
Cela renforce notre conviction à apporter, avec Kizz TV, quelque chose de complémentaire à la télévision traditionnelle. La télévision telle qu’elle existe depuis plus de 50 ans est un outil puissant, un média de masse qui diffuse des contenus qui, bien que de qualité, sont destinés à tout le monde… et donc à personne en particulier. Même les chaînes spécialisées, comme les chaînes pour enfant, font des compromis pour s’adresser à une large audience, composée de profils-type.
Nous travaillons à concevoir de nouveaux systèmes, qui vont contribuer à transformer la façon dont les parents et les enfants utiliseront la télévision, et ce dans un futur très proche.

Avec plus d’interactivité, plus de personnalisation, la télévision sera plus intelligente demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce travail, ne le menons avec de nombreux acteurs de l’éducation et des médias, qui ont compris qu’une révolution était en marche.
La télévision et les apprentissages de base 23 juin 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , Ajouter un commentaireDes programmes de télévision éducative ont été conçus pour améliorer les compétences de base : lire, écrire, parler, écouter et compter. La plupart de ces programmes ont ciblé les jeunes enfants. Que peuvent-ils en retirer ? Selon les recherches qui ont accompagné le développement de certains de ces programmes, la télévision a été démontré ses effets à vis-à-vis des apprentissages de base, en matière de comportements, d’attitudes et de connaissances, et elle joue aussi sur des compétences plus spécifiques.
Impact sur les comportements
Peu de recherches ont abordé l’impact des programmes éducatifs à la télévision basée sur le comportement vis-à-vis de l’enseignement lui-même. Mais ce manque de recherches, dû à la difficulté d’observation et de mesure, ne signifie pas que les programmes éducatifs n’ont pas d’effet sur le comportement des téléspectateurs. Il existe nombreuses façons dont la télévision pourrait avoir un impact sur les apprentissages des téléspectateurs. Par exemple, regarder l’adaptation à la télévision d’un roman peut inciter les téléspectateurs à se procurer le livre et à le lire. Il a été démontré qu’aux USA le programme bilingue « Carrascolendas », conçu pour enseigner et promouvoir la langue espagnole aux jeunes enfants d’origine latino-américaine, avait effectivement augmenté l’utilisation de l’espagnol parmi ses téléspectateurs.
Impact sur les attitudes
Plusieurs études ont démontré que les programmes éducatifs peuvent changer les attitudes des téléspectateurs sur la lecture, l’écriture et les mathématiques. Par exemple aux USA il a été démontré que le programme « Ghostwriter » avait accru la sensibilisation des enfants de la pertinence de la lecture de l’écriture. De même, une étude a prouvé que le programme « Infinity factory » avait réussi à changer l’attitude des enfants envers les mathématiques.
Impact sur les connaissances
Les programmes éducatifs peuvent aussi apporter une contribution importante en matière de connaissances des téléspectateurs, notamment sur la lecture des mots et l’acquisition de la culture : le vocabulaire du téléspectateur s’accroît quand de nouveaux mots lui sont présentés à l’écran, soit oralement soit sous forme écrite. Ainsi le programme« Carrascolendas » a développé chez ses spectateurs la connaissance de la culture et de l’histoire hispaniques.
Impact sur les enseignements de base
Des améliorations dans les compétences en lecture ont été observées pour les téléspectateurs de « The Electric Society ». De même, les téléspectateurs des programmes « Square One TV » et « Factory Infinity » ont augmenté leurs performances dans la résolution de problèmes. La manière dont ces programmes agissent n’est pas encore bien comprise, mais il semble que les programmes de mathématiques facilitent l’utilisation des compétences déjà existantes.
Généralement, les recherches qui ont été recensées sur la télévision éducative donnent à penser que la télévision a un vrai potentiel pour améliorer l’apprentissage en général et les enseignements de base en particulier. Mais il y a plusieurs façons dont la télévision peut influencer la façon dont les téléspectateurs apprennent, et l’utilisation de la télévision ne peut, à elle seule, garantir que l’apprentissage se fait.
La conclusion la plus intéressante des études qui ont été menées, surtout aux USA, est que le fait de savoir si l’apprentissage qui se produit grâce à un programme de télévision éducatif dépend de plusieurs facteurs :
- qui regarde ce programme,
- comment le spectateur le regarde,
- comment le programme a été conçu,
- le contexte dans lequel le programme est visionné.
C’est ce que nous verrons dans un prochain billet…
Apprendre avec la télévision ? 14 juin 2010
Mis en ligne par pcol dans la catégorie : Education, Usages , Ajouter un commentaireDepuis 1980, le « Center of Children & Technology » a exploré le rôle que les nouvelles technologies peuvent jouer dans la vie des enfants. Étant l’une des premières organisations de recherche et développement en technologies de l’éducation aux USA, le CCT a reconnu très tôt que les technologies numériques allait changer la compréhension que les gens ont du monde, de manière cruciale et complexe, mais aussi imprévisible.
En effet, dès les années 1970-1980, les éducateurs ont perçu la télévision comme n’étant pas particulièrement bénéfique au développement de la lecture et de l’écriture. Leurs inquiétudes ont été alimentées par des résultats de recherches suggérant que, depuis l’apparition de la télévision, les gens passaient moins de temps à lire des livres. Mais, a contrario, les éducateurs se sont aussi intéressés à explorer le potentiel éducatif de la télévision et de la vidéo pour l’enseignement des compétences de base comme la lecture, l’écriture, et les mathématiques.

En 1996, Babette Moeller chercheur au CCT a publié une étude titrée « Learning from Television: A Research Review ». Dans ce travail de recherche, elle tente de répondre à la grande question que se posent les éducateurs et enseignants intéressés à utiliser la télévision : « Qu’est-ce que les gens apprennent avec la télévision ? »
Pour cela, elle a analysé et synthétisé de nombreux livres, articles de revues scientifiques, rapports de psychologie, sociologie, anthropologie concernant des domaines pluridisciplinaires tels que l’éducation, la communication, l’apprentissage à distance… La littérature scientifique indique que les programmes télévisuels peuvent avoir quatre grands types d’effets sur les téléspectateurs, en agissant sur
- les comportements,
- les attitudes, les croyances et valeurs,
- les connaissances,
- les aptitudes cognitives.
Télévision et comportements
Les effets comportementaux de la télévision sont difficiles à établir, et ont été plus particulièrement observés dans des recherches portant sur la publicité d’une part, les comportements agressifs d’autre part. Les chercheurs ont proposé trois mécanismes principaux par lesquels la télévision agit sur le comportement : l’imitation, l’activation physiologique et la désinhibition. Il semble que ces mécanismes soient complémentaires plutôt que concurrents.
Télévision et attitudes, croyances, valeurs
Il existe un vaste corpus de recherches qui indiquent que la télévision a un impact important sur les attitudes, les croyances et les valeurs. C’est particulièrement le cas en ce qui concerne la violence et la perception de différents groupes sociaux comme les femmes, les minorités ethniques, les personnes âgées. Ainsi il a été démontré que plus les gens voyaient de violence à la télévision plus ils pensaient que la violence était présente dans leur vie. Cette influence semble agir selon des mécanismes à seuils. Par exemple, la vision positive que donne le programme « Cosby Show » des noirs américains vient à elle seule contrebalancer l’image négative qui est le plus souvent donnée par d’autres programmes.
Télévision et connaissances
La télévision est riche en informations, tant factuelles que fictives. Bien qu’il n’y ait guère de doute sur le fait que la télévision, un média destiné à transmettre de l’information, a un effet réel sur les connaissances des gens, il existe relativement peu de recherche sur cette question.
Ainsi les processus sous-jacents par lesquels ont lieu des changements dans les connaissances du téléspectateur ne sont pas encore bien compris. L’excitation est un mécanisme qui a été évoqué pour expliquer l’impact de la télévision sur l’acquisition d’informations : ainsi certaines caractéristiques des programmes de télévision, telles que le rythme rapide des images ou certains effets visuels peuvent accroître l’attention chez le spectateur, ce qui va faciliter l’acquisition de connaissances
Télévision et aptitudes cognitives
Il existe une variété de façons dont la télévision, tant par son contenu que par la forme de ses images et les codes cinématographiques utilisés, peut influer sur les aptitudes cognitives. Il a été démontré que l’observation de zooms lents sur les détails d’une grande image aidait les enfants à acquérir les compétences analytiques visuelles. De même, les changements d’angles de caméra peuvent améliorer la maîtrise de la perspective et de l’orientation spatiale des enfants. La recherche a également démontré une relation entre le rythme des programmes de télévision et la persévérance des enfants : des programmes très rythmés peuvent rendre les enfants plus impulsifs, alors que des programmes plus lents améliorent leur persévérance à l’école.
Conclusion… provisoire
En conclusion des premiers chapitres de l’étude du CCT, il est clair que la télévision a de multiples impacts sur ses spectateurs, et particulièrement sur leurs comportements,leurs attitudes, leurs connaissances et leurs aptitudes cognitives. Mais comment utiliser au mieux ce potentiel, en faveur de l’éducation des enfants ?
C’est ce que nous verrons dans nos prochains billets…

